Avis Cigare Drew Estate Liga Privada No 9
L’aventure Liga Privada commence en 2006, lorsque Steve Saka, président de Drew Estate, demande un assemblage qui lui plaise vraiment.
Jusqu’alors, Drew Estate s’était surtout fait connaître pour ses cigares aromatisés, comme la marque Acid.
La première version de la No 9 a été assemblée par Nick Melillo, aujourd’hui à la tête de Foundation Cigars, et lancée en 2007.
Elle est ensuite revenue sous forme de production boutique avant d’intégrer la gamme permanente en 2011.
J’ai évoqué plusieurs pistes d’évolution pour ce site, et la principale, c’est de le rendre plus pointu, plus « puriste ».
Pour moi, cela passe par un bel équilibre entre critiques de cigares modernes et classiques.
Aujourd’hui, je me penche justement sur un classique, et pas des moindres : la Drew Estate Liga Privada No. 9.
Difficile d’imaginer que ce cigare soit déjà devenu une référence.
Il est pourtant sur le marché depuis trois ans.
C’était le tout premier module de la désormais célèbre gamme « Liga Privada », qui signifie « mélange privé ».
Cela fait référence aux multiples essais et assemblages personnels de Steve Saka, président de Drew Estate. Il a finalement retenu le neuvième essai, d’où le nom « No 9 » (numéro neuf).
Depuis quelques années, la Liga Privada T52 et la Liga Privada No. 9 suscitent de belles discussions entre amateurs.

1. Prix & note
Prix :(Boîte de 20) – 286,80 $
Note :4,8
2.Caractéristiques techniques
Marque :Drew Estate
Origine :Nicaragua
Gamme :Liga Privada N° 9
Cape :Connecticut Broadleaf
Sous-cape :Mata Fina brésilien de plantation
Tripe :Honduras, Nicaragua
Profil :Moelleux à corsé
Cape :Connecticut / Maduro
Format :Parejo
Longueur :4″
Cepo :60
Usine :La Gran Fabrica de Esteli, Nicaragua
Fait main :Oui
Corps :Puissant
Temps de dégustation estimé :100 minutes
3.Vitoles disponibles
Quatre vitoles principales composent la gamme Liga Privada No. 9 :
Corona Double :7 x 52
Parejo :6 x 52
Robusto :5 x 52
Belicoso :6 x 52

4.Dégustation
Une cape Connecticut Broadleaf sombre enveloppe une sous-cape brésilienne Mata Fina de plantation, qui lie ensemble des feuilles de tripe nicaraguayennes et honduriennes.
Même si nous avons testé le format 4 x 60 Perfecto Gordito Flying Pig, cette dégustation porte surtout sur le Belicoso 6 x 52.
Dans les deux cas, le roulage est d’une rectitude exemplaire, sans zone molle perceptible.

Le ressenti sous les doigts est assez ferme, parfois à la limite du souple, mais la tripe reste bien tassée.
La couleur de la cape évoque l’acajou ancien, avec une brillance huileuse. Certains disent que la Liga Privada paraît sèche, mais franchement, je ne partage pas cet avis.
Pour moi, elle est même particulièrement grasse.
En revanche, les nervures sont assez marquées, avec un aspect rustique bien visible sur la cape.
Cela dit, à mon goût, ça apporte un vrai charme à l’ensemble.
Côté nez, on retrouve des arômes de fève tonka, de cèdre acidulé (mais toujours du cèdre), et de terre humide.
Ceci dit, même si je reviendrai sur la puissance et la richesse du cigare plus loin, les arômes au nez restent pour l’instant assez discrets.

Aspect & toucher
L’anneau ne plaira pas à tout le monde, mais j’aime bien ce style artisanal, façon écriture manuscrite, conservé depuis 2007.
La boîte suit la même inspiration, tout en affichant un vrai raffinement à l’intérieur.
Par exemple, elle est réalisée en cèdre massif, avec des séparateurs et un soin du détail appréciable.
Tirage, fumée & combustion
Le tirage est optimal et constant tout au long de la dégustation. Idem pour la température, qui reste fraîche jusque dans les derniers centimètres.
Lors du tout premier essai, la combustion était parfois ondulée, mais sur les suivants, la ligne de brûlage est restée bien droite.
Franchement, la construction est impressionnante, avec une vraie colonne vertébrale.
Lors de la dégustation filmée, la Liga Privada a produit une cendre superbe, qui s’est détachée en gros morceaux à plusieurs reprises.

Mais si vous regardez la photo, vous verrez que j’ai déjà fumé une Liga Privada jusqu’au bout sans jamais perdre la cendre !
Résultat : que vous aimiez empiler de longues cendres ou poser le cigare tête en bas, la Liga Privada No 9 s’y prête parfaitement.
Un vrai point fort de la gamme Liga Privada par Drew Estate, c’est la construction irréprochable.
Cela se vérifie aussi sur la Liga Privada No. 9. À chaque test, elle décroche de très bonnes notes sur la combustion et le tirage : brûlage impeccable, tirage parfait.
Saveurs
Avant allumage
Pour cette dégustation, j’ai choisi la Parajo 6 x 52, un toro classique.
J’ai réalisé une coupe droite sur la tête.
À cru, avant allumage, j’ai perçu de la poudre de cacao avec une pointe de poivre.

Avec la cape Connecticut BroadleafMaduroet sa teinte profonde et riche, ces notes ne surprennent pas.
J’ai ensuite toasté le pied et me suis préparé à savourer le cigare.
Ce que j’apprécie sur le Belicoso, c’est qu’on peut adapter la coupe pour obtenir le tirage souhaité.
Pour un tirage plus serré, il suffit de couper la pointe. Sinon, on peut aller un peu plus loin pour ouvrir, mais sans dépasser la coiffe.
Les saveurs à cru restent assez discrètes, elles aussi.
On retrouve la fève tonka, du chocolat noir et une touche d’oliban (ou myrrhe) avec une pointe de vanille.
Premier tiers
Dès les premières minutes, on remarque une impressionnante production de fumée.
Le corps du cigare affirme aussi tout de suite sa présence.
Pourtant, les arômes restent plus en retrait, moins marqués.
Le tirage est idéal sur ce premier tiers. Un tirage délicat suffit à inonder le palais de fumée.

Faire tourner la fumée en bouche et expirer en rétro-olfaction, c’est franchement très agréable.
La saveur dominante, c’est la noix fraîche.
On pourrait aussi évoquer une légère amertume de noix du Brésil.
On perçoit également une pointe de fève de cacao.
Malgré la douceur, ce n’est pas vraiment du chocolat noir. Et puis il y a ce cèdre sucré, qui vient contraster avec les notes plus gourmandes évoquées plus haut.
Deuxième tiers
La transition vers le deuxième tiers se fait en douceur, sans rupture.
On pourrait dire que le corps et les saveurs évoluent à peine.
Pourtant, à mon avis, il y a quelques petites nuances.
D’abord, la noix, toujours présente, devient plus boisée, presque comme du palissandre.

Ensuite, la fève de cacao se rapproche du chocolat noir, voire de l’expresso, avec une texture plus épaisse et un bel équilibre douceur/amertume.
Par ailleurs, le cèdre s’estompe au profit du poivre noir.
Côté combustion, c’est encore mieux. Tout se régule sans aucune retouche.
Dernier tiers
Dans le dernier tiers, le changement est net et puissant.
Le corps monte franchement, tout comme l’intensité aromatique.
Cette fois, on retrouve du cuir, une pointe d’expresso, et le poivre noir du deuxième tiers, qui persiste jusqu’à la fin.

La puissance est bien là, mais honnêtement, il vaut mieux éviter de fumer une Liga Privada No 9 à jeun. Ce n’est clairement pas un cigare pour débutant.
Au final, la complexité générale n’est pas aussi poussée qu’on pourrait l’imaginer.
Lors de sa sortie initiale, les tabacs utilisés étaient à leur apogée, et certains estiment qu’avec le temps, leurs arômes se sont quelque peu estompés.
Expérience globale
Pour le reste, la sensation en bouche est d’une douceur remarquable, très agréable, presque veloutée, avec une texture légère sur le palais.
L’astringence reste parfaitement équilibrée, et on note une légère salivation en fond de bouche.
Globalement, la stimulation du palais est homogène, sans zone de concentration aromatique marquée.

Par ailleurs, au fil du second tiers, l’évolution aromatique se poursuit de façon cohérente et plaisante.
La finale s’étire longuement. Si vous appréciez un nettoyeur de palais après votre cigare, je vous recommande vivement un espresso.
Enfin, malgré un tirage généreux et une belle richesse, la Liga Privada laisse dans la pièce un agréable parfum résiduel après dégustation.
Dernière bouffée
Si vous recherchez un cigare corsé, la Liga Privada No 9 offre sans conteste l’une des expériences les plus abouties du marché.
Certes, il manque parfois de subtilité, mais il reste opulent et plein de saveurs. Cela dit, si vous prenez le temps de laisser vieillir vos cigares, vous serez probablement récompensé par une complexité accrue.
Honnêtement, la qualité et la palette aromatique de la Liga Privada No. 9 sont indéniables.
Ce module se distingue aussi par une complexité aromatique élevée.
Même si cette ligne est désormais incontournable chez Drew Estate, les tabacs utilisés restent rares, ce qui explique qu’il n’est pas rare de les voir en rupture de stock.
Malgré tout, il s’agit d’un cigare à part, qui saura séduire aussi bien les amateurs débutants que les connaisseurs avertis.
FAQ
Les raisons de la rareté de la Liga Privada : des ciels chargés, de fortes pluies, de la grêle, et même des tornades ont récemment détruit de petites feuilles de tabac, les rendant impropres à être utilisées comme cape. En plus de cela, Drew Estate n’utilise que les feuilles les plus hautes de la plante, ce qui donne en moyenne une à deux feuilles par pied.
Cigar Aficionado a attribué une note de 89 points à la Liga Privada No 9 Toro.
Opulente, terreuse, avec des notes intenses d’expresso et un corps extrêmement dense. Style de cigare : l’expérience ultime pour l’amateur exigeant.
À accorder avec un bourbon, une tequila ou un rhum.
