Cigares Ingénierie Allemande : Avis Détailé
Le design moderniste et l’art de vivre se mêlent ici à la maîtrise de la fabrication du cigare pour donner naissance à cette superbe série German Engineered Cigars. Ce produit incarne vraiment l’esprit d’ingénierie allemande, avec une rigueur méthodique jusque dans les moindres détails. On nous promet une œuvre d’art résolument avant-gardiste.
On apprend que German Engineered Cigars a été fondé par trois ingénieurs allemands. Leur première création a vu le jour en 2016 sous le nom d’origine « RVGN Rauchvergnügen ». L’entreprise a adopté son nom actuel en 2020 et, depuis, elle a étoffé sa gamme avec plusieurs nouvelles références.

Cette année, ils lancent une toute nouvelle collection baptisée « Autonom », qui proposera des projets, des éditions limitées, des formats atypiques et des assemblages expérimentaux. Le dernier en date, l’Autonom Lineup Pack, offre aux amateurs la possibilité d’interagir avec la marque et de participer à une nouvelle aventure German Engineered Cigars.
Dans l’Autonom Lineup Pack, trois cigares sont roulés dans trois vitoles différentes, mais partagent le même assemblage signé Claudio Sgroi. Le principe est simple : achetez le pack, dégustez les cigares et choisissez votre préféré. Le format gagnant, accompagné d’un Robusto 5 x 50, sera ensuite intégré à la production classique.

Pour ma part, j’adhère totalement à cette démarche. D’abord, je trouve essentiel de pouvoir goûter différents formats de cigares. Ensuite, l’idée d’impliquer les clients dans la création d’un cigare me plaît beaucoup. Avant de rédiger mon Vitola Battle, j’ai hâte de savourer ces cigares et de sélectionner mon favori.
1. Fiche technique
Pays d’origine :Nicaragua
Fabrique :Tabacalera Tambor
Cape :Habano Oscuro d’Équateur
Sous-cape :Nicaragua
Tripe :Nicaragua
Vitole :6 x 42 Corona Grande, 6 x 47 Churchill, 5 x 54 Perfecto
Prix :30,00 $ le pack de 3 (prix public conseillé)
Date de sortie :Août 2022

2. Présentation
J’aime beaucoup la façon dont les trois vitoles sont présentées dans le sachet. Par ailleurs, la bague des cigares est vraiment réussie. Les lettres phosphorescentes qui brillent dans le noir sont une belle touche, même si je n’ai pas réussi à les photographier correctement.
- Corona Grande :La cape de cette Corona rappelle le cuir sec au toucher. Elle est bien serrée et épaisse. Au nez, on retrouve des notes épicées et de cèdre. On perçoit une pointe d’anis et de cèdre, même si le tirage à froid reste un peu serré.
- Churchill :Ici, la cape est d’un brun foncé, très huileuse, avec un aspect et un toucher cuir. Malgré sa densité, le cigare est légèrement spongieux. On retrouve des arômes de terre, de viande, sans raisin, et d’épices pâtissières. À froid, la dégustation évoque un pot-pourri sucré.
- Perfecto :Parmi tous les perfectos que j’ai pu voir, celui-ci possède la tête la plus marquée. Visuellement, il est superbe. Sinon, on retrouve une cape huileuse et cuir comme les autres. Au nez, ce cigare bien serré révèle des notes de fruits noirs, de terre et de cèdre. Le tirage à froid dévoile quelques céréales et du chocolat, ce qui m’a rappelé une stout à l’avoine et au chocolat.

3. Dégustation : nez & bouche
a.Premier tiers de la Corona Grande :
Dès l’allumage, on découvre beaucoup de chêne et d’épices, avec une fumée de corps moyen. Le bois présente une légère note de grillé avant la finale. Il faut quelques bouffées pour obtenir un volume de fumée satisfaisant, le tirage étant un peu serré. Les saveurs sont douces à moyennes, avec des touches de raisin sec, de terre et de pain grillé au bout d’un centimètre environ.
On retrouve toujours des épices pâtissières et du bois. À part le tirage un peu serré, le comportement du cigare reste très bon sur ce premier tiers.
Saveur: 2/4
Performance: 2/3
Expérience: 1,75/3

b.Deuxièmetiers de la Corona Grande :
En avançant dans le deuxième tiers, le profil aromatique reste doux à moyen, avec du bois, des épices, du pain grillé et une pointe de cacao en bouche. La rétro-olfaction apporte un joli coup de boost avec un peu d’agrumes, du pain grillé et du bois. À mi-parcours, les saveurs deviennent plus moyennes à soutenues, et le tirage s’ouvre légèrement.
Je perçois des notes de poivron, de pain grillé, de terre, de bois gras et d’épices pâtissières au tirage. À l’approche du dernier tiers, les épices pâtissières se font plus présentes. Le tirage s’est encore ouvert, et la performance reste excellente.
Saveur: 2,5/4
Performance: 2,5/3
Expérience: 1,75/3

c.Dernier tiers de la Corona Grande :
Ce troisième tiers démarre sur des saveurs plus riches, auxquelles s’ajoute une douceur sirupeuse, globalement similaire à la fin du deuxième tiers. J’ai dû poser le cigare quelques minutes pour m’occuper ailleurs. À la reprise, pas de goût parasite, même si les arômes sont un peu flous sur le moment.
Une fois installé et arrivé à la grande bague, le cigare retrouve des notes d’agrumes, de chêne, de terre et d’épices. En fin de dégustation, le tirage se resserre un peu, mais la palette aromatique et le corps restent riches, avec une puissance moyenne. Après une heure vingt, on retrouve beaucoup de bois gras, de poivre et d’épices pâtissières. Un peu de grillé rejoint le bois en finale.
Saveur: 2/4
Performance: 2,5/3
Expérience: 1,75/3

a. Premier tiers du Churchill :
À l’allumage, la fumée se révèle ample, de corps moyen à soutenu, avec des notes complexes de terre, de cuir, d’épices pâtissières et une pointe de pot-pourri sucré. Après quelques bouffées, une touche boisée apparaît, et la finale est légèrement poivrée et grasse.
Le corps atteint son maximum à mi-chemin du premier tiers. Au tirage, on profite de fruits noirs bien mûrs et de notes terreuses, relevées par des épices pâtissières et du poivre gras. La rétro-olfaction dévoile des épices et du caramel. À l’approche de la fin du premier tiers, le comportement du cigare est irréprochable.
Saveur: 3/4
Performance: 3/3
Expérience: 2,5/3

b.Deuxièmetiers du Churchill :
Sur ce deuxième tiers, on retrouve une richesse savoureuse, avec juste une pointe de douceur apportée par la note charnue. Le poivre et le bois se font plus discrets, mais la terre humide, sucrée et florale, ainsi que les huiles, persistent. À mi-parcours, beaucoup de douceur sirupeuse, d’agrumes et de poivre noir se dévoilent.
À la fin du deuxième tiers, le tirage regorge d’agrumes. La rétro-olfaction est très sucrée, avec une pointe d’épices pâtissières et de poivre noir. Le comportement du cigare reste parfait.
Saveur: 3,2/4
Performance: 3/3
Expérience: 2,5/3

c.Dernier tiers du Churchill :
Les saveurs du dernier tiers restent globalement stables. J’ai constaté que si l’on laisse le cigare trop longtemps sur la table, la combustion s’emballe ; j’ai donc dû rapidement rectifier. Le bois gras devient la note dominante sur la grande bague, suivi par la terre et le poivre. Après deux heures et cinq minutes, seul le retour d’une touche florale et parfumée au sol vient changer la donne. Depuis la retouche, le comportement est impeccable.
Saveur: 3/4
Performance: 1,75/3
Expérience: 2/3

a. Premier tiers du Perfecto :
L’allumage offre une fumée puissante et savoureuse, avec des notes de bois, de cuir et d’épices sèches. Sur la rétro-olfaction, on découvre un mariage intéressant de terre, de poivre fruité et de gras. La combustion progresse rapidement, mais j’attends avant de retoucher. J’ai bien fait, car la combustion s’est régulée d’elle-même.
Le cuir et le bois se mêlent à une pointe de terre et d’huile dès que j’atteins la partie la plus épaisse du cigare. En finale, on retrouve une légère touche de fruits secs et de café. La seule vraie différence, c’est une nuance d’agrumes à l’aspiration, alors que le premier tiers se termine sur les mêmes saveurs.
Saveur: 2/4
Performance: 2/3
Expérience: 1,5/3

b. Deuxième tiers du Perfecto :
J’ai effectué une petite retouche car un côté de la combustion traînait un peu. Après environ un centimètre dans le deuxième tiers, le cigare poursuit tranquillement, avec très peu de changement au niveau du tirage. Quelques épices de pâtisserie et des notes de terre prennent une nuance légèrement moisie, presque fruit rouge, en rétro-olfaction. J’ai dû refaire une petite retouche à la cape à mi-parcours, la tripe brûlant un peu plus vite. Peu après, le tirage évolue vers un mélange boisé légèrement brûlé avec une pointe de miel.
À mi-chemin, la rétro-olfaction dévoile désormais un caramel riche. Après le deuxième tiers, le tirage laisse percevoir davantage de miel, une touche de gingembre et du bois gras. En fin de deuxième tiers, une nouvelle petite correction s’impose car la cape peine à suivre. Heureusement, les retouches restent minimes.
Saveur: 2,5/4
Performance: 1,25/3
Expérience: 1,75/3

c. Dernier tiers du Perfecto :
En entame du dernier tiers, on décèle une note de chocolat acidulé, façon mousse au chocolat. La finale rappelle par moments le goût d’un tootsie roll. Des agrumes sucrés apparaissent à l’aspiration dans cette dernière partie. Le bois, la terre et quelques épices de pâtisserie suivent juste derrière. En rétro-olfaction, on retrouve une pointe de poivre et de bois, ainsi qu’un peu de ce chocolat acidulé.
Lorsque les choses se corsent, le poivre s’invite au tirage. J’ai dû effectuer une ultime petite retouche au niveau de la bague. Le tirage conserve une touche d’agrumes, mais ce sont surtout le bois et les épices sèches qui dominent. Une dernière correction s’impose alors que le cigare touche à sa fin. À une heure cinquante et une minutes, le profil reste marqué par le chêne et les épices, avec un supplément de poivre et de terre. Jusqu’au bout, la performance reste solide.
Saveur: 2,25/4
Performance: 1,5/3
Expérience: 1,75/3
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