Avis Aging Room Quattro Nicaragua Maestro
Résumé
Soyons honnêtes : quand un cigare décroche le titre de « Cigare de l’Année » chez Cigar Aficionado, beaucoup d’entre nous deviennent méfiants. On connaît la chanson : la demande explose, la production s’accélère, et la magie s’évapore. L’assemblage perd en richesse, les tabacs n’ont plus le temps de se reposer. Du coup, en allumant ce Aging Room Quattro Nicaragua Maestro, j’ai préféré garder la tête froide. On a même utilisé des allumettes en cèdre, histoire de ne pas accuser nos briquets en cas de fausses notes.
Franchement, je peux vous le dire : ce cigare est un vrai plaisir. C’est le genre de vitole qu’on savoure sans effort, avec un profil aromatique d’une douceur et d’un équilibre remarquables, du premier au dernier tirage.
⭐Verdict : Meilleur choix général (90 %)
Fiche technique
Origine :Nicaragua ;
Temps de dégustation: environ 90 minutes ;
Conditionnement :à l’unité, en boîte de cinq, ou coffret de vingt ;
Prix :10,95 $ la pièce, 57,25 $ le pack, 242,60 $ la boîte.
Cape :Sumatra du Nicaragua ;
Sous-cape :Nicaragua ;
Tripe :Nicaragua ;
Format :6×52 ;
Vitole :Torpedo ;
Couleur de cape :Maduro ;

Construction :Tirage régulier, serré, box-pressed ;
Fait main :Oui.
Puissance :Moyenne à forte ;
Corps :Moyen à corsé ;
Nez :Cèdre, douceur avec une pointe de cacao ;
Attaque :Cèdre et chocolat noir ;
Premier tiers :Douceur, chocolat noir, terre, cuir et café ;
Second tiers :Café, douceur, boisé et épices ;
Dernier tiers :Douceur, café noir, chocolat noir, boisé et épices.

- Combustion nette comme un trait de rasoir ; température fraîche tout au long de la dégustation.
- Cape maduro élégante ; construction ferme et box-pressed impeccable.
- Palette aromatique riche : café, chocolat noir, douceur.
- Qualité potentiellement en baisse après le prix remporté ; attentes élevées.
- Puissance moyenne à forte qui peut dérouter les amateurs moins expérimentés.

Origine, assemblage et formats
La marque Aging Room nous suit depuis ses débuts en 2011. À l’époque, la plupart de leurs cigares étaient élaborés en République dominicaine avec le célèbre José « Jochy » Blanco, désormais associé de la maison. Même s’ils ont collaboré avec différentes fabriques, la vitole qui fait parler d’elle, c’est sans conteste l’Aging Room Quattro Nicaragua Maestro. Celle-ci est signée d’une autre légende, A.J. Fernandez, et c’est précisément ce blend qui a décroché la première place et un 96/100 chez Cigar Aficionado en 2019.
Ce cigare est un puro nicaraguayen, c’est-à-dire que cape, sous-cape et tripe sont 100 % issus de tabac du Nicaragua.
Ce blend existe dans toute une gamme de formats : Belicoso, Robusto, Toro, Toro Gordo, Toro Grande, et même en Tubo.
Pour ce test, nous avons choisi le Toro 6×52.
Disponibilité
L’Aging Room Quattro se trouve dans quasiment toutes les configurations imaginables : boîtes de 5, 10 ou 20 cigares, ou simplement à l’unité pour tester sans engagement.

Aspect
Dès la sortie de la boîte, ce cigare en impose. La cape affiche une teinte profonde, huileuse, couleur chocolat noir, et les coutures sont quasiment invisibles. Le box-pressed est net, la prise en main superbe : ferme, dense, sans la moindre zone molle. On sent tout de suite qu’on a affaire à une pièce premium, soignée.
Tirage à cru, nez, premières saveurs
J’ai taillé la tête torpedo en V bien net, et le tirage à cru était franchement idéal. Juste ce qu’il faut de résistance, comme lorsqu’on savoure un milkshake bien épais.
Au pied, le nez offre une note terreuse intense, presque comme une grange sucrée, avec un cèdre très présent et une pointe de poudre de cacao en arrière-plan. Le tirage à froid, lui, révèle surtout le cèdre et un chocolat noir bien marqué, sans sucre.

Premier tiers
Dès l’allumage, une belle note de cèdre toasté s’impose, sans aucune agressivité. Vient ensuite une touche inattendue de noisette crémeuse. Mon ami Nolan, qui dégustait avec moi, a ressenti une attaque beaucoup plus cuirée dès le départ. En rétro-olfaction, c’est d’une propreté remarquable, presque comme de l’air sucré.
Au fil de ce premier tiers, le profil devient d’une douceur incroyable. La noisette se mêle à une texture beurrée qui tapisse le palais. On perçoit alors une épice douce, style cannelle, et une jolie sucrosité de fruits secs, proche de la cerise séchée. La finale, elle, reste nette, évoquant le thé noir.

Second tiers
Là, le cigare prend une autre dimension, et c’est tant mieux. La sensation beurrée du début laisse place à une note plus sombre, maltée, presque comme une bonne stout ou une pils. L’épice reste présente, accompagnée cette fois d’une touche de sous-bois très élégante. La fumée est dense, et l’ensemble gagne en raffinement.
En fin de second tiers, le malt s’efface au profit d’une saveur de fruits secs plus sombre, type figue ou raisin. Le profil devient plus savoureux, presque minéral. Petite rétro-olfaction, et là, claque : poivre noir franc, avec une pointe de réglisse.
Nolan, lui, trouvait beaucoup de chocolat noir à ce stade, mais j’étais vraiment focalisé sur cette dimension savoureuse et minérale.
Dernier tiers
Et voilà, pour le bouquet final, la douceur revient en force. La finale est superbe, mêlant cette sucrosité à une grosse dose de café noir, une note boisée sombre presque brûlée, et une dernière montée d’épices. La finale reste crémeuse, très café, avec un duo agrumes-poivre qui refait surface pour le rappel. Quelle expérience ! La construction est restée irréprochable, la combustion exemplaire, et la cendre a tenu sans faillir.
Cendre
La cendre est superbe : blanche argentée, compacte, empilée comme une colonne de pièces. Elle ne s’effrite pas et tient bien plus d’un centimètre avant que je n’ose la déposer dans le cendrier.
Combustion
Honnêtement, la ligne de combustion est d’une précision chirurgicale. Fine comme un trait, jamais ondulée, sans aucun besoin de retouche. Et surtout, la température reste fraîche jusqu’au bout, même en dégustant jusqu’à la toute dernière miette.
Fumée
Ce cigare est une vraie machine à fumée : volumineuse, onctueuse, très aromatique. À chaque bouffée, la bouche se remplit d’une fumée riche et corsée.

Accords mets et boissons
Franchement, le café s’impose comme l’accord évident, c’est le compagnon parfait. Mais je vous assure, ce cigare réclame un bon bourbon bien sec, riche en seigle. Le duo douceur/épices du bourbon s’accorde à merveille avec les notes de café et de cuir. Un rhum vieux, sombre et épicé, serait aussi un très bel accord.
Méthodologie de dégustation
Pour cette revue, notre équipe a dégusté six cigares, tous au format Toro 6×52. On les a fumés à différents moments et sur plusieurs jours pour obtenir une lecture vraiment fidèle et homogène du blend. Comme toujours pour nos tests, on n’a rien bu d’autre que de l’eau plate à température ambiante, histoire de ne pas masquer les saveurs du cigare.
Verdict final
Sans hésitation, l’Aging Room Quattro Nicaragua Maestro est un cigare exceptionnel. Complexité, douceur, équilibre : c’est une superbe démonstration de ce que le puro nicaraguayen peut offrir de mieux. Il tient largement ses promesses, et même plus. À mon avis, c’est un achat à faire les yeux fermés, à la boîte.
