Avis Davidoff Yamasá Robusto
Résumé
Soyons clairs : le Davidoff Yamasá n’est pas fait pour les amateurs timides. Ce cigare s’adresse à ceux qui recherchent des arômes complexes, parfois sauvages, tout en conservant cette onctuosité crémeuse propre à Davidoff.
Apparemment, il a fallu vingt ans pour dompter la nature de la région de Yamasá et créer cette vitole, et franchement, on sent le travail derrière chaque bouffée. La construction est irréprochable, la dégustation vraiment savoureuse : on embarque pour un vrai voyage.
⭐Verdict : Meilleur choix global (90%)
Fiche technique
Origine :République Dominicaine ;
Temps de dégustation: environ 100 minutes ;
Conditionnement :à l’unité, en boîte de quatre, ou coffret de douze ;
Prix :19,20 $ l’unité, 76,80 $ la boîte de quatre, 230,40 $ le coffret de douze.
Cape :Dominicaine ;
Sous-cape :Dominicaine ;
Tripe :Piloto visus, San Vicente Mejorado seco, San Vicente Mejorado visus, Condega seco, Estelí seco provenant de République Dominicaine et du Nicaragua ;
Taille :5×50 ;
Vitole :Robusto ;
Couleur de cape :Colorado Maduro ;

Construction :Dense, homogène ;
Fait main :Oui.
Puissance :Moyenne à forte ;
Corps :Moyenne à forte ;
Arômes :Épices, chocolat ;
Attaque :Épices, terre ;
Premier tiers :Épices, orange, terre, cèdre et poivre ;
Deuxième tiers :Bois, cuir, fruits à coque, poivre noir et herbe fraîche ;
Dernier tiers :Café, cèdre, poivre, douceur.

- Cape et sous-cape Yamasá uniques, assemblage complexe.
- Combustion fraîche et régulière ; cendre blanche et solide.
- Fumée riche et huileuse, arômes superposés.
- Tirage idéal ; légère résistance, construction impeccable.
- Prix élevé à l’unité ; coût global du coffret conséquent.
Origine, assemblage et vitoles
L’histoire derrière ce cigare fait partie de son charme. La vallée de Yamasá est réputée pour être un vrai casse-tête pour la culture du tabac : sol marécageux, conditions difficiles. Pourtant, le maître assembleur Henke Kelner et son équipe de la fabrique TabaDom n’ont rien lâché. Lors du lancement en 2017, l’engouement était palpable. Je me souviens d’une critique qui disait : « Avec sa cape sombre et séduisante, ce torpedo offre une combustion régulière. Les notes terreuses et boisées sont équilibrées par une touche grillée et une douceur de cacao en poudre. » Difficile de mieux résumer.
La gamme Davidoff Yamasá se décline en quatre vitoles principales : Petit Churchill, Robusto, Toro et Pirámides. Pour cette dégustation, nous avons opté pour le classique Robusto, qui à mon sens révèle parfaitement toute la palette du blend.
Passons au cœur du sujet : l’assemblage. C’est là que tout se joue. Cape et sous-cape sont dominicaines, cultivées dans le sol si particulier de Yamasá. La tripe, elle, est un véritable cocktail international : Piloto visus, San Vicente Mejorado seco, San Vicente Mejorado visus, Condega seco et Estelí seco, issus de République Dominicaine et du Nicaragua.

Conditionnement
Plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez acheter le Davidoff Yamasá à l’unité, idéal pour tester, ou en boîte de 4 ou de 12. Pour cette revue, nous avons choisi le coffret de 12. À noter : les boîtes et étuis de 4 sont disponibles en tubos, parfaits pour voyager et protéger vos cigares.

Aspect
Ce cigare impose le respect. D’emblée, on reconnaît la célèbre bague Davidoff blanche sur fond noir, associée à une seconde bague Yamasá rouge profond. Il fait partie de la série « Black Pillar » de Davidoff, et quand je vois ça, je sais que ce ne sera pas un cigare léger pour le matin. Ici, on est dans le sérieux.
Je dois être honnête : la cape Colorado Maduro est superbe, huileuse, mais pas parfaite. On a repéré des nervures marquées sur la plupart des cigares. Sur les neuf exemplaires mis de côté pour ce test, mon ami Wesley a remarqué que deux présentaient quelques petites taches de couleur, de légères irrégularités. Cela n’a rien changé à la dégustation, mais à ce niveau de prix, on le remarque forcément.

Tirage à cru, arômes, saveurs
On était tous installés sur la terrasse, prêts à préparer le cigare. Mon ami Reid préfère généralement une coupe en V, mais là, j’ai opté pour une coupe droite toute simple. J’ai utilisé ma guillotine favorite et retiré juste le strict minimum, à peine 2/8 de pouce, histoire d’ouvrir le tirage.
Le premier tirage à cru était parfait. Ni trop ouvert, ni bouché : juste ce qu’il faut. J’ai tout de suite senti une belle attaque épicée et une profondeur de terre noire très marquée.
En humant le pied, j’ai perçu une dominante boisée, mais avec une note sucrée bien présente, presque comme du chocolat noir.

Premier tiers
Dès l’allumage, on sait qu’on va avoir du caractère. Ça démarre fort, avec un mélange de poivre noir et rouge épicé qui réveille les papilles. Une fois cette première vague passée (et elle s’adoucit vite), on retrouve des notes d’écorce d’orange acidulée et cette terre profonde déjà présente à cru. En rétro-olfaction, c’est très net : le cèdre s’impose, suivi d’une nouvelle vague de poivre.
Deuxième tiers
C’est là que le cigare révèle toute sa complexité. Le profil évolue franchement. L’épice initiale s’efface, laissant place à une fumée crémeuse et onctueuse, pleine de cuir vieilli et de chêne. Petite discussion entre nous : j’ai trouvé une note de noix de cajou très crémeuse, alors que mon amie Maren penchait pour la noisette grillée. Dans tous les cas, c’est délicieux. L’épice reste présente, mais discrète, juste un léger picotement. La rétro-olfaction change aussi, perd un peu de boisé et gagne une touche herbacée fraîche, accompagnée de poivre noir.

Dernier tiers
Juste quand on pense que le profil va rester sur le cuir et la noix, le dernier tiers apporte sa surprise. Le cèdre du début revient en force, mais cette fois équilibré par une superbe note de café. Maren a trouvé que ça lui rappelait un « latte sucré », et elle avait raison. Le poivre remonte aussi, ce qui tranche la douceur et garde l’ensemble parfaitement équilibré. La dernière rétro-olfaction résume tout : crémeuse, douce, et poivrée à la fois.
Cendre
C’est peut-être un détail de passionné, mais la cendre de ce cigare est magnifique. Compacte, dense, elle s’empile façon « pièces de monnaie » comme on ne le voit que sur les tabacs bien vieillis et les constructions haut de gamme. Sa couleur est d’un joli blanc argenté.
Combustion
Voilà ce qu’on attend chez Davidoff. La construction est vraiment irréprochable. Aucun besoin de retoucher ou de rallumer, même une fois. La combustion est fine, régulière, du début à la fin. En plus, elle reste fraîche, jamais amère ni trop chaude, même fumé jusqu’au bout.
Fumée
Ce cigare est une vraie cheminée, dans le bon sens du terme. Il produit de gros nuages épais et denses. Une fumée qu’on pourrait presque mâcher : riche, aromatique, avec une texture huileuse qui tapisse tout le palais.

Accords mets et boissons avec le Davidoff Yamasá
Ce n’est pas un cigare « café du matin » ; c’est plutôt le cigare « après un bon dîner de viande ». Avec autant de corps et de saveurs, il lui faut un partenaire à la hauteur. Davidoff recommande officiellement un rhum épicé, et je pense que ce serait un accord parfait. Un whisky single malt tourbé et doux, ou même un espresso corsé, seraient aussi excellents.
Cigare dégusté pour cette revue et méthodologie
Pour garantir l’impartialité, nous n’avons pas fait qu’une seule dégustation. L’équipe a fumé neuf Davidoff Yamasá Robusto, format 5×50, chacun un par jour sur trois jours. Et, point important, nous n’avons accompagné la dégustation que d’eau plate à température ambiante. Objectif : garder le palais neutre et capter chaque note sans interférence.
Verdict final
Alors, au final, qu’est-ce qu’on retient ? Le Davidoff Yamasá, c’est vraiment une bête de dégustation, et je le dis comme un vrai compliment. On est sur un cigare audacieux, riche, avec une profondeur et une complexité remarquables, clairement dans la catégorie des medium à corsé. Honnêtement, ce n’est pas le choix le plus évident pour un fumeur débutant : il peut vite impressionner. En revanche, si vous êtes un amateur averti, ou que vous cherchez LA vitole parfaite pour une grande occasion, juste après un bon repas, c’est un incontournable à tester absolument.
